Histoire de l'architecture en Inde
La note
Grottes rupestres, temples, mosquées, palais, stupas… l’Inde possède une diversité architecturale unique au monde. Son incroyable richesse patrimoniale provient de son histoire millénaire et de l’assimilation de nombreuses influences politiques et religieuses.
La genèse de l’architecture en Inde commence dans la vallée de l’Indus qui est l’une des plus anciennes civilisations urbaines du monde (2700-1700 avant J.-C.) avec ses contemporaines, la Mésopotamie et l’Egypte antique. La civilisation est connue pour ses villes en briques, son système de drainage, ses thermes qui en font l’une des plus avancée.
L’essor monumental commence avec le bouddhisme et la dynastie Maurya, notamment Ashoka, avec les premières grandes stupas comme Sanchi et le développement de l’architecture rupestre (Ajanta, Ellora, Udayagiri).

Stupa de Sanchi, Madhya Pradesh
Art classique et temples
À partir du début de l’ère chrétienne, la représentation humaine du Bouddha influence aussi l’iconographie jaïne et hindoue, ce qui entraîne la création de temples pour abriter les idoles.
L’époque gupta et post‑gupta (4e‑8e s.) voit le déclin du bouddhisme, l’essor de l’hindouisme et un renouveau spectaculaire des grottes-temples rupestres (Ellora, Ajanta, Elephanta)
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| Temple jaïn de Ranakpur, Rajasthan |
Moyen Âge et styles régionaux
Du 8e au 16e siècle, se multiplient de puissantes écoles régionales, surtout dans le sud (Pallava, Chola, Ganga de l’Ouest, Hoysala, Vijayanagar, Nayak), qui développent le grand temple dravidien à gopurams monumentaux et décor sculpté très détaillé.
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| Les ‘panch rathas’ de Mahabalipuram, Tamil Nadu | temple de Shiva de Thanjavur | Le géant jaïn de Shravanabelagola, Karnataka |
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| Le temple d’Halebidu, Karnataka | La cité d’Hampi, Karnataka | La cité temple de Madurai, Tamil Nadu |
Au nord et à l’est, le développement est moins prolifique notamment à cause des invasions musulmanes dès le 11e siècle. Mais d’autres dynasties (Solanki, Ganga de l’Est, Chandelas) construisent tout de même des temples majeurs comme Modhera, Konark ou Khajuraho, marqués par la profusion de sculptures
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| Le temple du soleil de Modhera, Gujarat | Le temple du soleil de Konark, Odisha | Détail d’un temple de Khajuraho, Madhya Pradesh |
Architecture islamique, moghole et rajpoute
L’arrivée des pouvoirs musulmans entraîne des styles indo‑musulmans qui réutilisent souvent des temples pour créer des mosquées, avant l’émergence de grands ensembles comme le Qutb Minar à Delhi.
L’architecture moghole (Babur, Akbar, Jahangir, surtout Shah Jahan) mélange influences islamiques, persanes et indiennes et culmine avec des monuments comme le fort d’Agra, Fatehpur Sikri, Jama Masjid, le Fort Rouge et le Taj Mahal.
Les princes rajpoutes adoptent le faste moghol pour leurs palais‑citadelles perchés (Jaisalmer, Jodhpur, Udaipur, Bikaner, etc.), combinant extérieur fortifié et décors intérieurs raffinés.
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| Les ‘jalis’ de la mosquée Sidi Sayid à Ahmedabad, Gujarat | Le fort d’Agra |
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| Le Taj Mahal au lever du soleil, Agra | Un des havelis de Jaisalmer, Rajasthan |
Période coloniale
À partir du 16e siècle, Portugais, Britanniques, Français et Néerlandais introduisent leurs propres modèles (églises de Goa, quartiers « à la française » de Pondichéry, forts et comptoirs côtiers).
Les Britanniques développent des styles hybrides comme l’indo‑sarracénique (dômes, arcs gothiques, tours à horloge -> voir l’architecte Sir Samuel Swinton Jacob) puis l’Art déco pour les grandes villes et palais princiers (New Delhi, Umaid Bhawan, etc -> voir Sir Edward Lutyens)
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| Le palais de Vadodara, Gujarat, Anglais, indo‑sarracénique | Palais de Jodhpur, Anglais, Art déco |
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| Quartier latin à Goa | Le quartier français de Pondicherry |
Références
Voir aussi la Garbhagriha, le cœur du temple
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